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Chasser à la hutte

L’usage d’appelants, une technique intimement liée à la chasse des oiseaux migrateurs.

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Hutte de chasse, commune de MARCK (les HEMMES de MARCK)

Une pratique ancienne fondée sur l’observation des oiseaux migrateurs:

De tous temps, des bas reliefs de l’Egypte ancienne en témoignent, l’homme chasseur a mis à profit le caractère grégaire des oiseaux migrateurs et leur méconnaissance des dangers dans les zones sur lesquelles ils venaient se poser pour la première fois pour mieux les capturer. C’est selon ce principe de base, en tous lieux identiques, que se sont affinées différentes techniques de chasse dont celle des oiseaux d’eau, de nuit, à partir d’installations fixes, chasse très prisée en France.

Des usages pour différents types de chasse: 

L'usage des appelants est impératif pour la chasse de nuit. Mais leur emploi est également répandu pour : 
 

  • la chasse crépusculaire, c'est à dire à la passée du matin et du soir, qui en France, est rendue possible, par l’article L. 424-4 du code de l’environnement, à partir de deux heures avant le lever du soleil et jusqu'à deux heures après son coucher, la chasse diurne. 

Le comportement grégaire des oiseaux qui explique qu'ils sont attirés par leurs congénères est ainsi mis à profit par l'homme. L'attraction est d'autant plus efficace que les oiseaux sauvages se trouvent sur un territoire inconnu. Ceci vaut particulièrement pour les phases migratoires, le début de l'hivernage ou lors des étapes migratoires durant lesquelles les déplacements gagnage remise (lieu où les canards s’alimentent) se produisent.

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Canards siffleurs

La chasse de nuit des oiseaux d’eau en France, mais cela vaut aussi pour la chasse de tous les oiseaux migrateurs, même de jour, repose sur les déplacements des oiseaux. Ils peuvent être liés au phénomène migratoire et rythmés alors par le cycle des saisons et la phénologie (incidence du climat). Les distances parcourues et le temps de vol peuvent être considérables.

Ces mouvements sont souvent nocturnes, notamment pour les plus importants.
Les déplacements peuvent aussi être le fait de la recherche quotidienne de nourriture par des oiseaux en stationnement soit temporaire, escale migratoire, soit de plus longue durée, par des oiseaux en hivernage par exemple. C’est le va-et-vient le soir entre la zone de repos et celle du gagnage (phase d’alimentation) , puis en sens inverse le matin.

 

Ces deux temps de vol spécifiques des oiseaux d’eau sont régulièrement mis à profit par les chasseurs et communément appelés passée du soir et passée du matin.

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Oies cendrées en vol 

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Huttes des « Passes pierres » HEMMES de MARCK

 

C’est ainsi que les installations de chasse de nuit, ou encore les affûts de tir au vol, se trouvent dans les zones humides, soit situées sur les principaux axes migratoires des oiseaux d’eau   (façade littorale Manche Atlantique, couloir Rhin

 

Rhône), soit s’avérant les plus attractives au niveau de la ressource trophique, en tant que halte migratoire ou zone d’hivernage.

photo5.jpgHuttes du « Moulin rouge » CALAIS

Amener les oiseaux d’eau à distance de tir :

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Canards pilet en migration

Considérant que ces oiseaux ont souvent une activité plus nocturne que diurne, le fondement de ce mode spécifique de chasse des oiseaux d’eau de nuit est simple: attirer les oiseaux en migration ou en déplacement pour le gagnage sur la zone ou le chasseur se trouve à l’affût à une distance qui permette le tir.

photo7.jpgHuttier disposant ses appelants

Cela se décline de la façon suivante :
 

  • Exploiter le caractère grégaire des oiseaux d’eau migrateurs pour les attirer vers la zone de chasse par le chant particulièrement attractif et permanent d’oiseaux sélectionnés. Ces appelants sont communément appelés long cris ou encore chanteuse. Ils sont positionnés relativement loin de la zone pressentie pour le tir, quelques fois directement sur l’eau, quelques fois en cage, au-dessus du sol.

 

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Cane colvert

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Couple de colverts   

  •  Une fois les oiseaux sauvages attirés à proximité de la zone de chasse, il faut alors prendre en compte leur caractère méfiant. La zone de tir efficace, où l’on veut les faire poser afin de pouvoir les tirer la nuit, doit être calme, avec des appelants au comportement le plus naturel possible, peu bruyants mais néanmoins suffisamment accrocheurs (attractifs).

  • C’est là que l’on trouve les court cris et sauvagines, canards d’espèces chassables diverses autres que le colvert. L’ensemble est complété par les blettes (ou formes, muets: imitations d’oiseaux de plastique ou de bois) utilisées pour faire du nombre et donner aux oiseaux sauvages l’impression de la sécurité qui les fera se poser à distance souhaitée. Des couloirs de tir sont réservés pour pouvoir faire feu sur les espèces gibier en toute sécurité pour les oiseaux domestiques.

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Sarcelle mâle

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Siffleur mâle

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Couple de chipeau

Chez les anatidés (canards), le mâle revêt en hiver un plumage beaucoup plus coloré que la femelle.

L’appelant vivant est indispensable pour la chasse des oiseaux d’eau la nuit, il est étroitement lié à la pratique de l’activité cynégétique soit pendant les phases crépusculaires du soir ou du matin, soit pendant la nuit.Le chasseur qui n’a pas l’acuité nécessaire pour voir les oiseaux en déplacement de loin, siffle ou utilise un appeau en tentant de les imiter et de les appeler efficacement afin de les faire approcher.
L’œil de l’oiseau, tout particulièrement l’œil de l’appelant sélectionné génétiquement pour cela, sait lui, voir et distinguer les oiseaux en vol, la nuit ou dans la pénombre. L’appel se fera alors de façon opportune et judicieuse, avec un maximum d’efficacité, signifiant aussi au chasseur l’approche du gibier, la direction de sa venue et le mettant en alerte.
L’identification des oiseaux en vol, pour le tir à la passée du soir ou du matin, sera ainsi plus facilement réalisable, de même que les préparatifs pour le tir au posé de la hutte, sur la zone spécifiquement prévue et dégagée à cet effet.
Il est évident que, dans de telles conditions, la chasse et l’attraction des oiseaux migrateurs sera très difficilement réalisable avec simplement des formes plastiques les imitant plus ou moins fidèlement, ainsi que l’emploi d’appeaux (instruments ou sifflets) destinés à reproduire le son de leur chant.
Les oiseaux sauvages ne peuvent être leurrés avec de tels artifices, que de jour pour le tir au vol, avec des conditions de visibilité optimales pour l’œil humain, comme cela se pratique beaucoup en Amérique du Nord ainsi qu’en France.

L’attelage des appelants

Des oiseaux toujours sous contrôle :

photo15.jpgBague d'attache

 

Pendant l’action de chasse, les appelants sont positionnés, chacun à une place bien spécifique. Pour cela, le chasseur utilise différents procédés d’attache de fixation, maintenant ainsi les oiseaux au poste qui leur a été affecté, en fonction de leur chant et de leur rôle dans l’attraction des oiseaux d’eau sauvages. Le principe étant celui d’une bague spéciale passée à la patte de l’appelant dans l’orifice de laquelle vient se glisser le crochet d’une épingle. Le tout est fixé au sol par une corde et un poids.

 

L’épingle passée dans la bague d’attache du canard et la corde fixée à un poids, permettent à l’appelant de  se déplacer sur la mare (dans un rayon de 1 mètre).

Le matériel d’attelage et certaines techniques : 

Les autres procédés d’attache, poids, palette à piquet, plateau flottant, imposent au chasseur d’entrer dans l’eau avec cuissardes ou waders, selon la profondeur de la mare pour positionner ses appelants vivants.

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Combinaison ou waders

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Palette à piquet dans la marre, une fois positionnée seul le plateau en bois apparaît. 

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Palette flottante reliée à un poids par une corde 

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Cane siffleur placée sur plateau

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             Va-et-vient

 

Va-et-vient constitué d’une corde principale sur laquelle viennent se greffer des cordons courts avec épingles, système qui permet au chasseur de positionner ses appelants bien en ligne (pour pouvoir tirer) sur les oiseaux sauvages posés sans risque pour ses propres oiseaux chanteurs et  sans rentrer dans l’eau.

Le choix des appelants pour l’acte de chasse :

photo26.jpgLors de l’attelage et de la mise en place des oiseaux sur l’eau ou aux abords de la mare. Le chasseur doit lorsque les appelants sont détenus sur place, les regrouper dans un petit espace clos dans lequel ils pourront être facilement pris et sélectionnés. La procédure est la même pour les oiseaux détenus au domicile. Ceux qui n’auront pas été retenus pour la nuit de chasse y resteront confinés jusqu’au matin.
Les appelants choisis sont saisis à la main et mis en caisse de transport. Ils sont repris ensuite pour être attelés sur la zone chasse, ou mis en cage sur l’axe d’arrivée présumé du gibier. Après la chasse, les appelants détenus sur site, sont remis dans leur parc d’origine avec leurs autres congénères. Ceux qui sont détenus auprès d’un domicile privé y sont ramenés dans les mêmes conditions que pour l’aller.

 Appelants : qui sont-ils ?

Les appelants sont des oiseaux nés et élevés en captivité, correspondant aux espèces d'oiseaux d'eau chassables. En aucun cas, ces oiseaux ne sont prélevés dans l'avifaune sauvage. La réglementation l'interdit strictement.
Les appelants "en fin de carrière" ou réformés ne sont pas non plus relâchés dans l'environnement. Ils deviennent oiseaux d'ornement.
Les chasseurs de gibier d’eau avec appelants sont aussi le plus souvent des éleveurs amateurs. Pour la plupart, ils sont regroupés au sein d’associations de chasse spécialisée.

Les espèces d’appelants couramment utilisés en France pour la chasse des oiseaux d’eau :

On peut classer les appelants en trois grands groupes :

-  les canards colverts, sont incontournables.

-  les sauvagines, regroupent toutes les espèces de canards chassables en France autres que le canard colvert et les oies. Elles se composent de la sarcelle d’hiver, du canard siffleur, dans une moindre mesure du canard pilet et du canard chipeau.

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Oies des moissons et rieuses

 -  Les oies cendrées, oies rieuses, oies des moissons sont de plus en plus utilisées, eu égard à l’explosion de l’espèce.

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                        Foulque macroule
 
- Les autres espèces sont employées de façon anecdotique à certains moments de la saison, en fonction des espèces en migration, selon les régions (Ex. chasse aux foulques, dans le Sud de la France.

Quels appelants, à quelle place :

              Cane à cage

photo29.jpgLe positionnement des appelants vivants, tout comme celui des formes plastiques ou de bois, se fait selon des critères bien particuliers, en fonction des chants de chacun d’eux, et du dégagement nécessaire de la zone de tir dans laquelle les oiseaux d’eau sauvages doivent en principe se poser.

Pour les appelants dit de chant, les long cris colverts femelles pour l’essentiel, quelquefois aussi des oies, le positionnement est assez distant de la zone de pose, donc de tir. Parfois, ils sont placés à même l’eau directement relié avec un poids ou sur une palette. Ils peuvent aussi être mis en cage, relativement loin du plan d’eau prévu pour la pose et le tir (jusqu’à plusieurs centaines de mètres), élevé à un mètre ou deux du sol.

 

Un positionnement à intérêt multiple :

L’intérêt de l’immobilisation des appelants est multiple. Il est évident pendant l’acte de chasse. Tout d’abord, il serait impossible de distinguer ses appelants des oiseaux sauvages si les premiers pouvaient se déplacer librement, comme bon leur semble. Le tir ne pourrait donc se faire. Ensuite, aspect fondamental pour le chasseur de gibier d’eau, le chant des appelants est intimement lié à la séparation des couples. Un mâle loin de sa femelle chantera mieux, elle-même répondra d’autant plus, d’où une attractivité maximale sur les oiseaux sauvages.

photo30.jpgEnfin, aspect pratique non négligeable, le chasseur doit, après sa partie de chasse, récupérer tous ses appelants pour les replacer dans leur parc de détention, ou les ramener chez lui dans un parc du même type. Si ces oiseaux n’étaient pas maintenus attachés et positionnés sur le plan d’eau pendant l’acte de chasse, les reprendre serait tout simplement impossible (ou alors prendrait énormément de temps). Même éjointés et incapables de voler, les appelants ne se laissent pas capturer facilement et gardent une certaine méfiance naturelle à l’égard de l’homme, fut-il celui qui leur prodigue des soins quotidiens et qui les alimente. Des appelants non attachés serait ingérable et inefficace pendant l’acte de chasse et plus encore à la fin de celui-ci.

 

Le nombre d’appelants nécessaires à la chasse de nuit:

Il n’existe pas de recette miracle applicable partout, en tous temps, de la même façon et avec le même succès. L’élément déterminant est le couloir de migration naturel du gibier dans le territoire de chasse considéré ainsi que le sens d’arrivée du gibier pour chaque zone d’affût spécifique.

Pour certaines installations de chasse de nuit particulièrement bien situées et isolées, l’usage d’appelants chanteurs peut quelquefois s’avérer aléatoire. Quelques oiseaux calmes, discrets mais efficaces, suffiront à imposer la pose dans la zone de tir présélectionnée. Ces espaces privilégiés sont toutefois relativement rares.

photo31.jpgEffet visuel après la mise en place des appelants et blettes

Les pratiques et coutumes sont très variables d’une région à l’autre, elles trouvent souvent leurs sources et motivations initiales dans l’attractivité naturelle, plus ou moins grande, du site. Ainsi, sur certains territoires du Nord de la France, sur et autour des mares artificiellement créées par l’homme, 50 appelants vivants ou plus, peuvent être nécessaires pour une simple nuit de chasse. Viennent s’ajouter à cela 100 ou 200 formes plastiques. 
C’est un véritable travail de titan de plusieurs heures tant pour l’installation que pour la récupération des appelants vivants et des formes. Le résultat n’étant pas toujours nécessairement proportionnel à l’effort.
En d’autres endroits, il est plus traditionnel de n’utiliser qu’entre 5 et 10 appelants et 10 ou 20 blettes.
Pour les anciens, notamment eu égard au poids et aux difficultés de transport, 3 canes et un mâle colverts semblaient bien suffisant, avec quelques formes de bois, piquées en permanence sur place, notamment dans le sud de la France mais aussi dans les estuaires du nord.
En moyenne, on peut considérer actuellement que le nombre d’appelants utilisés peut varier entre 4 et 30 oiseaux pour une même nuit, selon les régions, les sites et leur  attractivité naturelle. D’autres facteurs sont à prendre en compte tel que la proximité ou non d’autres installations de chasse de nuit, le début, le milieu ou la fin de la saison de chasse, et un même affût. Les pratiques les plus fréquentes impliquant entre 10 et 20 appelants, les blettes ou formes (canards en plastique) venant en plus. Lorsque l’on sait qu’un même oiseau ne peut être utilisé 2 nuits de suite pour des raisons de récupération physique. Cela explique la nécessité d’un nombre d’oiseaux détenus conséquent, d’autant que les grandes migrations se font par nuits successives, souvent pendant un laps de temps très court.

L’approche cynégétique : aspects pratiques et techniques 

Chasser les oiseaux d’eau avec appelants exige une technicité certaine et une grande connaissance de l’avifaune migratrice ainsi que de ses comportements. La prise en compte des conditions climatiques et de l’environnement de l’affût est essentielle.
Pour amener les oiseaux d’eau migrateurs auprès de la zone d’affût et les faire ensuite poser sur la zone de tir. Certains éléments sont à prendre en considération comme le vent (sa force, son orientation),les conditions météorologiques (neige, glace, pluie, brouillard), l’environnement plus ou moins proche de l’affût (hutte) qui conditionne l’arrivée du gibier. D’autres éléments comme la présence d’arbres ou encore la proximité d’autres zones d’affût, doivent être intégrés dans la démarche du chasseur, en fonction de son expérience personnelle.
Quelques règles élémentaires tirées de l’observation du comportement des oiseaux d’eau migrateurs valent néanmoins, aux dires des chasseurs de gibier d’eau, en tous lieux, de façon constante.

- Par vent fort, il faut regrouper les appelants sur sa zone de pose et ne jamais oublier que l’oiseau sauvage cherchera l’abri. Pour les appelants chanteurs, la longueur, l’étendue de l’attelage (le positionnement des appelants et leur disposition) seront aussi réduites, sauf sur l’arrivée naturelle des oiseaux, notamment si celle-ci est un peu excentrée. 

- Par temps calme, il faut disperser davantage les appelants et réduire aussi le chant des long cris (baisser le volume) afin de ne pas mettre les oiseaux sauvages en état de méfiance. 

- Plus le temps est clair et la nuit lumineuse, plus le gibier percevra les défauts du dispositif et son artificialité. Plus la nuit est noire, le temps couvert ou mauvais, plus il pourra être leurré facilement. 

- En début de saison, le chant doit être plus important qu’en fin de saison. Il faut donc, pour le chasseur, composer avec ces comportements variés. De la même façon et pour les mêmes raisons, un blettage (utilisation des formes de plastique ou bois) important l’hiver, doit succéder un blettage beaucoup plus subtil et moins nombreux en début de saison de chasse. 

- Lors des grosses boutées hivernales (mouvements migratoires), généralement par temps venteux avec des conditions météorologiques difficiles, les volées d’oiseaux sauvages peuvent être moins méfiantes à cause des kilomètres parcourus, parce qu’arrivant pour la première fois sur de nouveaux territoires, totalement inconnus. Leurrer ces oiseaux est alors relativement plus facile, comme en témoignent certaines pratiques cynégétiques (relatif à l’activité de la chasse) diurnes d’Amérique du Nord, avec uniquement des formes et des appeaux pour le tir au vol. 

- Les oiseaux sauvages se posent généralement face au vent, pour d’évidentes raisons aéronautiques. Plus le vent est fort, plus cela est vrai.

 
LEXIQUE
 
Hutte (gabion, tonne):
C’est une installation de chasse de nuit, aux dimensions généralement modestes, qui a la particularité d’être située sur le domaine public maritime, le plus souvent dans les grandes baies et les estuaires.
 
Long cris :
Désigne un appelant femelle sélectionné pour sa capacité à chanter longtemps, sa « voix » a deux tons puissants, il attire les oiseaux sauvages aperçus de loin. Ces oiseaux doivent être particulièrement robustes et résistants. 
 
Chanteuse :
Désigne un appelant femelle qui chante beaucoup mais sur un seul ton. Ces appelants sont destinés à animer la marre ou ses alentours. Ils sont capables de chanter toute une nuit durant, sans s’arrêter. 
 
Court cris :
Caractérise un appelant au chant très court et discret. Cette canne chante lorsque les oiseaux sauvages sont au dessus de la marre et prêts à poser. 
 
Sauvagine :
Désigne tous les oiseaux utilisés comme appelants, d’espèces chassables de canards et d’oies, autre que le canard colvert. 
 
Blettes (ou formes, muets) :
Ce sont des imitations d’oiseaux d’eau (canards, oies et limicoles) en plastique ou plus rarement de bois Elles sont le plus souvent utilisées sur les plans d’eau et les berges, pour leurrer les oiseaux sauvages et donner l’impression du nombre ou de groupe, jouant ainsi sur l’instinct grégaire de ces espèces. 
 
Passée :
Désigne les mouvements d’oiseaux d’eau qui partent le soir de leur zone de repos diurne vers leur zone d’alimentation nocturne et font l’inverse le matin. Ils sont propice à la chasse.
 
Passage :
Désigne les migrations plus ou moins importantes d’oiseaux d’eau. 
 
Boutées :
Ce terme est employé par les chasseurs de gibier d’eau français pour désigner les forts mouvements migratoires des oiseaux d’eau. 
 
Gagnage :
C’est le moment pour les oiseaux d’eau de prendre leur nourriture nocturne. Ils se rendent pour cela le soir sur les sites de gagnage et en repartent le matin pour retourner sur leurs zones de repos diurne. 
 
Cynégétique :
relatif à l’activité de la chasse. 
 
Phénologie :
Rôle joué par le climat.

 

 

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